| Résumé |
Mirko Godina, un ancien déporté slovène, revient, en 1948, sur les bords du lac de Garde où il s'était lié d'amitié avec la patronne d'une auberge. Mais les retrouvailles sont amères : la signora Amalia défend avec nostalgie et ténacité l'époque du Duce. Pourtant, en faisant la connaissance de Luciana, une des deux filles d'Amalia, l'espoir va renaître. Mirko, qui est devenu architecte, commence de dessiner les plans d'un village de pêcheurs cependant que ses longues promenades en compagnie de Luciana lui permettront peu à peu d'envisager un " après la barbarie ". Les expériences historiques - le camp de concentration pour Mirko Godina ; une éducation fasciste pour Luciana - sont-elles irrémédiables ? Telle est, à travers la confrontation des deux personnages de ce roman, la question à laquelle s'efforce de répondre, avec une rare sensibilité des êtres et des paysages, Boris Pahor. Et l'on verra avec éclat que, là où le fascisme a violé les foules, le romancier oppose la riposte belle et cinglante de l'individu. Comme "Printemps difficile" (1958), "La villa sur le lac" (1955), second roman traduit en français du grand écrivain slovène Boris Pahor (né en 1913), est une réflexion sur la possibilité de continuer à vivre dans un pays - l'Italie - qui, sous la dictature de Mussollini, a exterminé votre race et pactisé avec l'horreur nazie. Les premières pages du livre, l'arrivée, dans une taverne des bords du lac de Garde qu'il a bien connue avant guerre, d'un jeune architecte slovène rescapé des camps, sont très belles. Pahor capte les lumières, les ambiances, et ce malaise qu'il y a, dans un lieu magique, à se sentir étranger à son propre passé. Tout le livre est comme un roman d'initiation en miniature, l'histoire d'une parenthèse, de quelques jours où le temps, comme suspendu permet à Mirko d'accepter de revivre, et à la jeune Luciana de se rendre compte de ce que le Mal a existé. |