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L'elancement Eloge de Hart Crane

Titre L'elancement Eloge de Hart Crane
Auteur Gérard Titus-Carmel
Editeur Seuil
Année 1998
Format broché
ISBN 9782020340243
Rubrique Livres / Littérature & fiction / Critique littéraire / Seuil
Résumé Comme le déchant accompagne le chant, deux voix - l'une « narrative », l'autre off - se mêlent ici et se tordent comme pampres autour du thyrse central d'un nom, ce qui, au bout du compte, pourrait bien avoir des allures de biographie: celle de Hart Crane, poète américain du début de ce siècle éperdu, dont les trente-trois années qu'il supporta ne furent pour lui qu'une épuisante succession d'exaltations et de fureurs, de rêves déraisonnables et de lancinants vertiges, à la seule fin de se recomposer un corps à « l'Ère des modernes ». Mais ses efforts furent vains et, à l'image de son Pont (The Bridge, 1930) inachevable, tout cela, pour finir, s'abîma dans les flots atlantiques. Récit double d'une vie inapaisable, tout entière vouée à la démesure d'un projet fou, bribes et éclats, apartés et fragments épars, entés d'un témoignage imaginaire, cette construction rêveuse renvoie l'écho de la parole exténuée - mais, à plus d'un titre, exemplaire - d'un des rares absolutists in poetry, ainsi qu'il fut qualifié. C’est comme si cet ange déçu que fut Hart Crane, depuis l’écrasant repos des abysses où il séjourne, voulait encore parler, mais en creux, cette fois, avec la formidable qualité d’absence de qui se sait le centre de cette tentative de reconstitution d’un itinéraire vers la lumière, tout parsemé de colères et d’extases, jusqu’au naufrage annoncé, et dont le rappel des faits se décline pour nous comme pure fiction. Avec "L'Elancement", Gérard Titus-Carmel a voulu retrouver Hart, accompagner une bonne fois pour toutes la destinée de cet homme singulier dont le père tenait une petite confiserie et dont il n'existe que quelques rares traductions en français. Vie et mort de Hart Crane, un 'Titanic' solitaire, inapte à la fallacieuse reconstruction mythologique : un Malcolm Lowry qui n'aurait pas eu son volcan, de quoi fournir à la postérité une grande ombre où abriter sa détresse ... On referme ce livre avec le sentiment, rare, d'avoir assisté à quelque chose d'important. Titus-Carmel n'a pas voulu flatter les images convenues d'un Hart Crane "destroy", il est allé le rechercher là où il se trouvait, au centre de lui-même, homme fragile qui eût aimé dire la lumière et choisit l'abîme.
Où ? La Marge
Prix 5,70€
Etat Très bon
Réf interne 17815