| Résumé |
Après avoir commis un meurtre, Martin s'enfuit dans la nuit noire. Il marche, sans but, au coeur des vastes plaines du Brésil. Il marche pour fuir le lieu du crime, pour fuir ses propres pensées, pour se reconstruire peut-être. Il fait la rencontre de paysages, se fond dans la faune et la flore, devient mutique. Mort de soif mais renaissant, il atteint une ferme où il rencontre Ermelinda, qui aspire à le faire parler.Clarice Lispector joue sur l'ambiguïté permanente des paysages comme de ses personnages. À la manière du nouveau roman brésilien, elle dissèque, avec précision, les pulsions et les non-dits. Un ingénieur, Martin, a commis un meurtre et est en fuite. Il marche sans but, dans une plaine à peu près désertique, et sans cesse sa marche est interrompue par des rencontres : arbre, oiseau, ruisseau... Rencontres grâce auxquelles il commence à comprendre non pas qui il est, mais ce que fut sa vie jusque-là et ce qu'elle pourrait être, à comprendre notamment que son crime fut une libération pour lui. Sa fuite le conduit à une fazenda dirigée par une femme, Victoria. Il devient garçon de ferme, cède aux avances d'une jeune veuve, Ermelinda, et continue de réapprendre le monde. Lire un livre de Clarice Lispector, c'est entrer dans une confidence douce et ardente, blessée mais complice. Dans ce Bâtisseur de Ruines, elle déroule le voyage initiatique d'un criminel fugitif qui réapprend à vivre au contact des femmes. Longtemps après avoir refermé le livre résonnent en nous les harmoniques du chant subtil de ce très grand écrivain, activiste féministe de la première heure. |