| Résumé |
Il y a un an déjà qu'à New York Marian est morte d'une overdose. A travers le regard de ceux qui l'ont connue — de son amant du moment au mendiant difforme à qui elle parlait quelquefois dans la rue — Madison Smartt Bell construit et déconstruit l'image dérangeante d'une jeune femme qui peu à peu perd pied et dont la disparition a bouleversé des existences disparates. Les uns après les autres, les voici, ceux qui l'ont aimée, fréquentée, simplement croisée, ou encore qui ne la connaissent que post mortem, par ouï-dire : quelques paumés urbains, un pianiste halluciné et d'autres figures de la scène new-yorkaise, du côté des coulisses. Et chacun d'approcher le souvenir de la dernière année de Marian, avec ses blessures et son mal de vivre personnel, pour apporter à un portrait final nécessairement inachevé une touche aussi indispensable que dérisoire. De la lecture de ce roman en forme de choeur aux savantes dissonances, on revient chaviré, comme après un voyage vertigineux dans la nébuleuse de l'âme humaine — si étrange, si familière. En 1987 ... Madison Smartt Bell avait trente ans ... L'auteur était déjà bourré de dons. Il savait décrire New York comme personne, avait un penchant pour les solitaires, les destins en zigzag. Il s'agit d'évoquer le souvenir d'une femme. Marian a succombé à une overdose ... de médicaments. Le portrait de la disparue est composé à la manière des polaroïds de David Hockney, ces silhouettes et ces visages démultipliés à l'infini, à la fois tremblés et terriblement précis. C'est la bonne méthode. Chacun a son idée de Marian. Son petit ami a du mal à s'en remettre ... Le récit d'un clochard qui stationnait en face de chez elle ... Une vieille dans un fauteuil roulant avait observé cette demoiselle. Elle en agaçait certains ... La mort de Marian a eu des répercussions sur les vies de tout le monde. Très beau personnage de femme. |