| Résumé |
Un gamin poussé en graine. détesté par un père qui dans ces années 30 vouées à la crise ne cesse de cracher sa haine des Juifs, des nègres et de Roosevelt. ainsi que soit admiration pour le Japon conquérant et pour l'Allemagne nazie, décide de s'engager dans l'US Air Force afin de montrer au monde - et d'abord à ce père honni - qu'il est lui-même quelqu'un. Pilote bombardier, promu officier peu après Pearl Harbor, il prend des risques et se voit bientôt traité en héros... alors que quelque chose en lui s'insurge contre cette guerre qui s'acharne, dirait-on, à tuer ses meilleurs copains. Bombardant Berlin, il ne peut s'empêcher de penser à tous ces pauvres diables qui, là-dessous, vont tout à l'heure rôtir à cause de lui dans les flammes. Seule façon de s'en tirer : blinder son cœur contre le désespoir, comme il l'a blindé au long de cette autre guerre qu'il n'a cessé de mener, des années durant, contre son père. Un récit autobiographique bouleversant, rendu supportable par une forme unique d'humour : celui que l'on dirige contre soi quand on sait que tout est perdu. Ce qu'a parfaitement résumé Tim Cahill dans un texte saisissant. " Il aura été, parmi les écrivains de son temps, le champion de l'élégance morale : un homme capable de vous déchirer le cœur en trois mots et l'instant d'après de vous faire mourir de rire, voué sa vie durant à une pauvreté ascétique liant revendiquée, cet éternel enfant aura usé son temps à ciseler ses phrases, apprécié par une étroite coterie d'écrivains et de lecteurs éblouis par soit génie discret. Ce livre. quatrième et dernier, qu'il nous a laissé en partant, est un chefs-d'œuvre. " Moritz Thomsen (1915-1991) a été révélé au public français en 2002 par les éditions Phébus avec la traduction de La Ferme sur le rio. Romancier tragique dont l’œuvre est hantée par un inlassable questionnement éthique, Moritz Thomsen est un écrivain de tout premier plan, que tous les passionnés de littérature américaine peuvent lire les yeux fermés. Dans Mes deux guerres, le romancier s’attache à décrire une double tragédie : celle d’un gamin détesté par son père – un homme dur et raciste – durant la Dépression, à qui il faut prouver que l’on est quelqu’un en devenant membre de l’US Air Force ; puis celle d’un combattant de la liberté miné moralement par les atrocités de la Deuxième Guerre mondiale et singulièrement par les bombes qu’il a pour mission de larguer sur Berlin en ruine… Ici, l’héroïsme du salut individuel rejoint donc la faillite morale de toute guerre… Le seul rempart contre le désespoir absolu : l’humour, qui adoucit l’horreur du quotidien... |