| Résumé |
Comment va le monde ? Ce n'est pas dans les livres, dans la foi ou la métaphysique que Voltaire cherche une réponse à cette question. Il est allé la poser à l'envoyé d'un génie oriental, à deux habitants de planètes éloignées, et enfin à un petit paysan auvergnat qui a été à l'école. Ceux-ci ne devaient-ils pas se sentir émerveillés des exploits des hommes des Lumières, de leur gloire, de leur métaphysique, de leur distinction, de leur magnificence ?... Oui, sauf qu'à leur aune, ces exploits sont autant de sottises, et ces vertus autant de vices mal dissimulés ; et nous n'avons alors que deux solutions : ou refuser ces " contes " invraisemblables, ou bien " grandir " avec Micromégas, Babouc et Colin pour devenir un peu plus philosophes et, peut-être, un peu plus heureux. Pour dénoncer la vanité du monde et prôner le seul recours à la raison, Voltaire choisit le mode du conte, un genre qui lui permet distance et ironie sans rien renier de sa lucidité philosophique. Avec Micromégas, l'humanité doit admettre qu'elle a encore beaucoup de chemin à parcourir avant d'être pleinement « raisonnable ». |