| Résumé |
"Non, vraiment, la question principale que se pose le chroniqueur n'est pas "que dirais-je demain ?" et la difficulté à laquelle il se heurte le plus souvent n'est pas le manque de sujets. C'est plutôt le caractère incroyable de certaines informations pourtant vraies. Car le vrai, pour être cru, doit être vraisemblable. Or, c'est un crève-coeur que de devoir renoncer à un fait avéré, patent, dégoulinant d'exactitude sous prétexte que l'auditeur le croira sorti de votre imagination. D'ailleurs, si depuis le commencement de cette chronique, je prends des chemins aussi évidemment buissonniers et j'accumule tant de précautions oratoires, vous avez deviné que c'est précisément parce que je tiens l'un de ces faits peu vraisemblables et pourtant si exacts qu'il est publié au Journal officiel de la République. Il constitue la demande de changement de nom numéro 38 565 : "Mlle Natalelli dépose une requête auprès du garde des Sceaux à l'effet de substituer à son nom patronymique celui de Dieu"". "Heureux habitants des Ardennes et des autres départements français... " L'humour vitriolé de Philippe Meyer n'épargne personne : des retraités aux propriétaires de fast-food sans oublier les traducteurs d'étiquettes de produits coréens et les actionnaires d'Euro-Disney, tout le monde y passe. Du 23 mai 1994 au 15 janvier 1995, le chroniqueur radiophonique s'adresse quotidiennement aux Français, soulignant chaque fois un département particulier ; observateur impitoyable de notre société, il leur livre avec son panache habituel un discours qu'on hésite à classer entre humour et étude sociologique. |