| Résumé |
Après trois ans d'absence, Antony espère renouer avec Adèle, son amour de jeunesse. Jadis, il s'était éloigné de son amante, honteux d'être né bâtard et de ne pouvoir lui offrir un nom ; aujourd'hui il est prêt à avouer à Adèle son secret. Mais Antony retrouve une femme mariée, mère d'une petite fille, inquiète de voir se réveiller des sentiments douloureusement enfouis. Les scrupules d'une épouse vertueuse sont toutefois peu de chose face à la force d'une passion qui emporte tout sur son passage. En mai 1831, la première représentation d'Antony est un véritable triomphe. L'immoralité du drame effraie et séduit à la fois. Le personnage d'Antony fascine : ses désillusions, loin de le faire sombrer dans le mal du siècle, l'amènent à agir pour infléchir le cours de son destin, comme l'avait fait Julien Sorel avant lui. " Elle me résistait, je l'ai assassinée !... " En mai 1831, au Théâtre de la Porte Saint-Martin, la salle sanglote, crie, applaudit à tout rompre quand elle entend les derniers mots d'Antony. Le drame d'Antony est celui d'un bâtard que sa naissance a empêché d'épouser la femme qu'il aime. A la société qui fait obstacle à son bonheur, il oppose la force d'une passion qui emporte tout sur son passage. La sage Adèle ne peut y résister. La puissance d'imagination de Dumas, confirmée par des romans comme Les Trois Mousquetaires ou Le Comte de Monte-Cristo, séduisait encore, dix ou vingt ans plus tard, des esprits aussi exigeants que Flaubert ou Baudelaire. La postérité a définitivement imposé le romancier. Jusque dans ses outrances, c'est le génie dramatique de l'auteur d'Antony qu'il faut aujourd'hui redécouvrir. |