| Résumé |
Dans ce recueil de textes pionniers (1965-70) qui ont fait sa renommée, Murray Bookchin conjugue sa vision anarchiste et écologiste avec les possibilités prometteuses d’une société d’abondance. Une abondance envisagée non pas sous la forme d’un accès illimité à des biens de consommation pléthoriques, mais bien une par laquelle l’être humain a amplement les moyens de satisfaire ses besoins fondamentaux pour se consacrer à l’assouvissement de ses désirs réels. S’attelant à esquisser les contours d’une telle société, Bookchin appelle à dépasser l’économie politique marxiste, enracinée dans une ère de pénurie matérielle et soumise aux logiques de la rareté économique. Si les avancées technologiques du XXe siècle ont grandement accru la production, cela s’est fait au profit d’intérêts corporatifs et aux dépens des besoins humains et de la soutenabilité écologique. Et si l’émancipation pouvait jadis sembler passer par un certain productivisme sous l’égide de structures autoritaires, aujourd’hui les outils nécessaires à une auto-organisation de la société ont largement été développés et, combinés avec la perspective écologique, ils ont grandement modifié le paysage révolutionnaire. Les sociétés postindustrielles ont en effet le potentiel de se muer en des sociétés d’abondance favorisant l’accomplissement des potentialités sociales et culturelles latentes dans les écotechnologies. Avant-gardiste, Bookchin défendait en ce sens les énergies renouvelables et des institutions décentralisées. Lire Bookchin, c’est renouer avec une verve utopique rafraîchissante, qui rappelle avec force que d’autres voies sont envisageables pour le devenir de nos sociétés. Au-delà de la rareté est également une lecture incontournable pour comprendre les origines théoriques de l’écologie sociale, concept que cet intellectuel étatsunien a raffiné tout au long de sa vie de militant. Enfin traduit dans son intégralité en français, voici l’un des plus influents ouvrages de l’intellectuel étatsunien et une référence incontournable pour comprendre les origines théoriques de la notion d’écologie sociale. Pourquoi relire ou découvrir Murray Bookchin (1921-2006) aujourd’hui et plus particulièrement cet ouvrage de 1971 ? D’abord parce que c’est dans ce recueil de textes qu’il pose les premiers jalons de ce qu’il allait conceptualiser plus tard sous l’étiquette d’«écologie sociale». Mais surtout parce qu’on y trouve une verve utopique qui fait grandement défaut à l’heure actuelle, nous rappelant que d’autres voies sont envisageables pour définir les règles du vivre-ensemble. La société que Bookchin s’attelle à imaginer est un système économique fondé sur les concepts d’écologie sociale, de municipalisme libertaire et d’abondance. Cette abondance correspond à une société dans laquelle l’être humain a amplement les moyens de satisfaire ses besoins d’existence pour se consacrer à l’assouvissement de ses désirs réels. Précurseur sur le front des énergies renouvelables et des technologies permettant de réduire la pénibilité du travail, il y soutient que les sociétés post-industrielles ont le potentiel de muer en des sociétés d’abondance à même de favoriser l’accomplissement des potentialités sociales et culturelles latentes dans les éco-technologies. Dans ce recueil, Murray Bookchin combine sa vision anarchiste et écologiste avec les potentialités prometteuses d’une ère d’abondance. Dépassant l’économie politique marxiste, ancrée dans une ère de pénurie matérielle, Bookchin soutient que les outils nécessaires pour une auto-organisation de la société ont largement été développés et que, combinés avec la perspective écologique, ils ont grandement modifié le paysage révolutionnaire. |