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Les petroleuses

Titre Les petroleuses
Auteur Edith Thomas
Editeur Gallimard
Année 2021
Format poche
ISBN 9782072879739
Rubrique Livres / Histoire, actualité, politique / Histoire de France / Ouvrages généraux et thématiques
Résumé Pour résumer exactement l'essai qu'Edith Thomas consacre aujourd'hui aux femmes de la Commune, on ne saurait mieux faire que de se reporter à certains passages de sa brillante introduction : "Le terme de"pétroleuse", dit-elle notamment, fut inventé en 1871 pour dénommer les femmes qu'on accusait d'avoir incendié Paris." Mais elle le conçoit dans un sens beaucoup plus large : il s'agira donc ici de toutes les femmes qui, de près ou de loin, ont été mêlées au mouvement révolutionnaire de 1871. "Je ne crois pas non plus, ajoute-t-elle, qu'un historien puisse parler de choses dont il n'a pas fait lui-même l'expérience, comprendre des faits qui lui sont totalement étrangers. Sans doute faut-il se méfier, en histoire, des analogies. Rien ne s'y répète jamais exactement. Mais ce qui me permet peut-être de comprendre les femmes de la Commune, c'est d'avoir participé dans la Résistance au Comité directeur de l'Union des Femmes Françaises, d'avoir rédigé leurs tracts, d'avoir préparé avec elles les manifestations des femmes contre le gouvernement de Vichy et l'occupant nazi. Les barricades de 1944 répondent aux barricades de 1871. Mais si l'historien a le droit d'être passionné et d'être, en tant qu'homme, en tant que femme, engagé dans son temps, cette passion ne doit en aucun cas l'autoriser à passer sous silence les documents gênants, ni lui masquer la vérité qui, comme Janus, a toujours deux visages." Cette vérité la chartiste qu'est Édith Thomas nous la livre avec une rare exigence intellectuelle, une générosité constante et le sens concret de l'histoire. 1789, 1848, 1871 : la responsabilité des femmes dans les épisodes insurrectionnels en France est souvent tenue pour négligeable lorsqu'Edith Thomas entreprend, en 1963, d'écrire une page de l'histoire des femmes dans la Commune. Par son écriture vive, sa plume acérée et son ironie assumée, cette historienne, qui fut aussi une grande Résistante, nous plonge dans une capitale ouvrière, où "la misère est cent fois plus misérable qu'ailleurs", où l'on ne se marie pas parce qu'on n'en a pas les moyens et où l'on vend le peu qu'on possède au Mont-de-Piété. Elle montre comment une conscience politique s'est forgée chez les Parisiennes bien en amont de leur engagement dans la Commune. De cet engagement au féminin, ce n'est pourtant que la figure de la "pétroleuse" – celle qui "incendie au pétrole" – que l'on a retenue, avec tout ce que ce terme peut charrier d'implicites sur la violence féminine : hystérie, délire et approximation. Cette réédition présente donc un double intérêt : remonter le cours de l'histoire pour découvrir les multiples visages de l'engagement des femmes dans la Commune mais aussi remonter le cours d'une historiographie féministe encore jeune. Edith Thomas, "soeur de l'ombre" de Simone de Beauvoir, a en effet profité de sa position périphérique dans le champ universitaire pour écrire une histoire subversive et inattendue de la Commune. Longtemps, au mot de "communarde" on a préféré celui de "pétroleuse", qui pourtant est une fiction. Une flétrissure misogyne qui raconte d'abord la façon dont on a dévalué, disqualifié et réprimé les femmes engagées dans la Commune de Paris au printemps 1871. En pionnière, Edith Thomas s'est attachée en 1963 à faire sortir de l'ombre ces femmes mobilisées pour la révolution sociale. Chartiste, elle a fouillé des archives fragiles et lacunaires, et excavé des traces qui n'avaient jamais été regardées comme des objets s légitimes. En débusquant ce stigmate qui charrie une foule de représentations sur la violence féminine, et euphémise l'épaisseur politique de leur lutte pour déplacer les frontières de l'émancipation, l'autrice n'a pas seulement élargi l'histoire de la Commune de Paris. Elle a aussi enrichi l'histoire des féminismes. Figure centrale de la Résistance intellectuelle sous Vichy, qui fit elle-même les frais d'une puissante invisibilisation, Edith Thomas restaure les femmes de 1871 dans une souveraineté proprement politique, aux antipodes de cette image d'hystériques du baril à quoi les ont longtemps reléguées les récits habituels ou virilistes de la Commune de Paris.
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Prix 4,20€
Etat Comme neuf
Réf interne 30688