‹ Retour

La Vache

Titre La Vache
Auteur Guennadi Gor
Editeur Noir sur Blanc
Année 2004
Format broché
ISBN 9782882501448
Rubrique Livres / Littérature & fiction / Littérature étrangère
Résumé Guennadi Gor (1907-1981) est connu en Russie pour les romans de science-fiction qu'il publia dans les années 60 et 70, même s'il avait signé dès 1933 un cycle de nouvelles traitant des petites ethnies du Grand Nord. Son ouvre la plus remarquable par sa qualité littéraire demeure La Vache, roman écrit en 1930 mais que l'auteur refusa de publier à l'époque par peur des représailles politiques. Il est sorti pour la première fois en Russie en 2001. Avec La Vache, c'est un monde inhabituel d'images et de représentations qui s'ouvre au lecteur francophone. Le roman traite pourtant d'une période historique connue, celle de la collectivisation et de la dékoulakisation (1929-1930) ; un épisode tragique, qui allait coûter à la Russie des millions de vies et faire peser sur son agriculture un handicap que le pays subit encore. On est cependant loin de la peinture qu'en fait Guennadi Gor. Ici, un activiste venu de Leningrad, le camarade Molodtsev, a abandonné la peinture pour " aller au peuple" et aider les masses paysannes. La collectivisation y est présentée comme la victoire du Nouveau contre l'Ancien : elle se fait dans une atmosphère enthousiaste, portée par les enfants qui y jouent un grand rôle. L'agriculture " moderne ", rationnelle et mécanisée, est l'objet d'une vibrante célébration. Et tandis que les koulaks et les représentants des anciennes classes dirigeantes (Église, noblesse.) sont caricaturaux à souhait, une paysanne illettrée, Katerina, parvient à elle seule à réorganiser l'élevage entier du kolkhoze. Véritable " conte soviétique ", le roman reprend toute l'imagerie de la révolution et transmet toute la jubilation propre à l'utopie. Si son message idéologique paraît aujourd'hui insupportable, sa qualité littéraire est indéniable. La peinture y est omniprésente, par un minutieux travail sur les formes et les couleurs. Roman pictural, " roman-tableau ", série de vignettes naïves, il évoque les fameuses " Fenêtres Rosta " de Vladimir Maïakovski, images de propagande réalisées par les meilleurs artistes du temps à l'intention d'une population qu'il fallait convaincre ou rééduquer rapidement. Puis le tableau s'anime, et la fin devient toute cinématographique, évoquant irrésistiblement les films d'Eisenstein. Ce récit, Guennadi Gor refusa cependant de le publier et ne le montra à personne. L'esthétique qui le caractérise risquait de lui attirer les foudres des autorités et, à partir des années 30, l'accusation de formalisme équivaudrait à une sentence de mort. Longtemps oublié, Guennadi Gor, qui a été comparé à Andreï Platonov, retrouve sa place de " grand ", au moment où la Russie redécouvre et se réapproprie son histoire et sa littérature du XXe siècle.
Où ? Stockage
Prix 6,00€
Etat Très bon
Réf interne 30944