| Résumé |
Traduit de l'anglais par René Daumal La queue du taureau se dressa, sa tête se baissa. IL chargea, et, quand il atteignit Hernandorena, l'homme agenouillé fut enlevé d'un bloc, balancé en l'air comme un paquet, les jambes alors dans toutes les directions, puis retomba à terre... Hernandorena se leva, avec du sable sur son visage blanc, et chercha après son épée et l'étoffe. Quand il se mit debout, je vis, dans la soie lourde et le gris maculé de ses culottes de location, une ouverture nette et profonde par où l'on voyait le fémur à nu depuis la hanche et presque jusqu'au genou. Hemingway l'aficionado convaincu, amoureux des beautés violentes de l'Espagne, nous livre ici parmi les plus belles pages qu'on ait écrites sur la tauromachie, "tragédie de la mort du taureau, qui est jouée, plus ou moins bien, par le taureau et l'homme qui y participent, et où il y a danger pour l'homme mais mort certaine pour l'animal". Le style, direct et dépouillé, parvient par sa simplicité même à communiquer au lecteur, acquis ou non à la corrida, l'atmosphère de fête des arènes, rythmée par les olé. |